| L'esclavage
Nous verrons
d'abord ici le concept de l'esclavage produit et conduit par les conquistadores,
puis le concept des "yanas" connu à l'époque inca
L'Afrique
sera une manne abondante pour les chasseurs et autres trafiquants d'esclaves
puisqu'il y aurait eut plus de 80 millions d'"esclavisés" et de déportés de la
sorte.
Ils se pourvoient
principalement en Afrique de l'ouest et du centre.
Les traversées
sont longues, les bateaux chers.
Tous les pays
n'approuvent pas explicitement l'esclavage, certains même le dénoncent.
Les chasseurs
entrent dans des villages, tuent ceux et celles qui résistent, font
prisonniers les autres : hommes, femmes, enfants, et les vendent sur des
marchés à esclaves comme ceux de "San Jorge de la mina" et du
"Cap Vert"où
ils sont achetés par des "négriers".
Pour pouvoir
charger le plus possible de ce qu'ils appellent communément "Bozales" ou le "Bois ou pièces d'ébène", lorsqu'ils viennent d'Afrique noire, et qui constitue
l'écrasante majorité des "esclavisés".
Ils sont mème
classifiés selon leur régiond'origine:
"Mangingas" pour ceux qui proviennet
de Haute Volta (actuel Burkinafaso),
"Terranovos" (terreneuves) pour
ceux qui viennnent du Dahomey (actuel Bénin)
"Lucumes" s'ils proviennent
du Niger
"Cabindas" ceux qui viennent
du Gabon
"Congos" ceux chassés
en région Ubangui
"Angolas" ceux ramené
de cette région
"Mozambiques" ceux ramenés de cette zone
"Banguelas","Carabalies", "Mangubis"
On parlera
aussi:
de"pièces d'Ivoire" lorsqu'il
s'agit d'esclave Maures ou Berbères,
de "pièces d'Acajou" lorsque
ce sont des indiens Nicaragua, Araucanas,
plus tard de
"pièces de bambou" lorsqu'il s'agira de Chinois voire d'origine japonaise curieusement peu différenciés.
Ils allongent
les prisonniers africains en rangs serrés les uns contre les autres, hommes, femmes et enfants,
enchaînés.
© François Bourgeon
"Les passagers du Vent - Bois d'Ebène
Ils feront
la traversée en cette position, gratifiés de nourriture le
plus souvent avariée, versée à la louche dans leurs
mains tendues, d'eau distribuée dans des conditions proches, de coups
de fouets, de pied ou de poing pour ceux qui se plaignent ou pourraient se
rebeller.
Les malades,
tout comme ceux qui décèdent, sont jetés par dessus bord.
De surcroît
lorsqu'ils ont embarqué plus d'esclaves que consigné dans le
livre de bord et qu'ils aperçoivent un navire d'inspection se dirigeant
vers eux, afin d'échapper aux amendes sévères et autres
problèmes pour fraude au fisc, ils n'hésitent pas d'avantage
à jetter l'"excédent" non déclaré, constitué
parfois de dizaines et de dizaines d'hommes, de femmes et d'enfants, par
dessus bord lesté de pierre, de plomb ou de fers, voire blessés
pour attirer de plus les requins et faire disparaître les preuves de
la forfaiture supplémentaire.
Les premiers
ports du nouveaux monde où la "marchandise" restante pouvait être
débarquée et revendue (Cartagenas
de las Indias, Portobello etc.)se trouvant
dans les Caraïbes, c'est là qu'on trouvera d'abord la plus grande
concentration de noirs (Haïti, Santo Domingo,
Cuba, Aruba, etc) ainsi que dans les terres
proches des Caraïbes, comme la Colombie et le "Sud" des Etats-Unis où
d'ailleurs l'esclavage et son abolition seront un des thèmes de la
guerre de secession qui déchirera l'Amérique d'Abraham Lincoln.
A l'époque
de la conquista espagnole, les noirs serviront notamment à effrayer
les indiens. Les Espagnols les feront courir devant leurs chevaux à
cette fin ayant remarqué que les indiens n'en ayant jamais vus auparavant,
voyaient en eux des sortes de diables ou êtres sortis de mondes terribles.
Ils les utiliseront aussi comme palefreniers, aide de camp, chair à canon, soldats sans
catégorie, ni grade, etc.
Francisco Pizarro dès
le départ est accompagné d'un homme appelé Alonzo Prieto (sachant que prieto se traduit par noir ou foncé),
mais celui-ci est "esclavisé" considéré donc "propriété"
(ces hommes ne sont pas considérés comme des êtres mais
comme des choses, comme de la marchandise qui peut-être achetée,
vendue, hypothéquée, saisie etc) de la "Société du Levant" qu'il a constitué avec Hernando de Luque et Diego de Almagro.
Après
la mort de de Luque, et lorsque le torchon brûle entre Diego de Almagro et lui, il
libèrea Alonzo de l'infamante condition dans laquelle ils le tenaient, pour contrarier de Almagro qui pour ne par
être en reste le maintien dans la condition dont question, il se retrouve alors curieusement
moitié esclave moitié homme libre jusqu'au décès
de Diego de Almagro. De son côté Diego de Almagro possède
aussi une esclave africaine, qui lui sert pour ses débordements sexuels
et autres nécessités domestiques elle s'appelle Malgarida et mourra du mal de
Buba, maladie vénérienne que de
Almagro lui avait laissé en prime. après
qu'il ait été exécuté pour sédition
et lui avoir fait dire une messe,
Une fois installés,
les Espagnols passés d'officiers, de soudards à bourgeois,
utiliseront les esclaves pour le service domestique et les travaux lourds
et durs, les travaux
agricoles, notamment les cultures de coton. D'aucun penseront que l'esclavage
en ville était une douceur, il n'en n'est rien.
Enfin
cette société esclavagiste s’est bien avisée de rendre
pratiquement impossible la vie « hors de la servitude » à
des maîtres définis. Celui ou celle qui n’est pas courbé
sous le joug d’un « propriétaire » n’a non seulement aucun
droit civiles ou civiques, (n’a pas même d’existence légale
si un « maitre » ne le réclame comme sien), il est considéré
« en fuite » et « hors la loi », le risque est l’arrestation
la punition corporelle publique voire la mise à mort ou la réquisition
pour les travaux plus durs.
Et
les quelques cas d'esclaves qui suivirent leur maîtres ou manifestèrent
un attachement à ceux-ci ne doit surtout pas nous faire oublier, outre
la situation plus précaire encore s'ouvrant à eux, le syndrome
de Stockholm qui fait réagir de la sorte des otages et autres victimes
envers leurs kidnapeurs ou bourreaux. Lesquels manipulant leurs prisonniers
associent douleurs, punitions et "fautes", induisant chez nombre des victimes
des sévices un sentiment de culpabilité et de responsabilité
pour les châtiments qui leur sont infligés et leurs propres
souffrances. Et lorsque les bourreaux retiennent,
selon eux, leur bras, leur fouet, leurs chiens, ces non actions sont
perçues comme des alliées dans la recherche d'éviter
le plus possible la souffrance.
Mais voyons
plutôt:
Dans les livres
comptables du marché de l'esclavage ou des transactions de particuliers
à particulier, on voit des situations familiales suivantes:
Dans certains
cas, les esclaves sont autorisés à former famille, à
se marier, à avoir des enfants.
Car
l'enfantement par une esclave est synonyme d'acquisition au coût
le plus bas de nouveaux esclaves. C'est considéré alors le
plus souvent comme de l'élevage. L'esclave "mère" travaillera
le plus souvent jusqu'au jour de l'accouchement et la période de repos
puerpérale sera réduite à sa plus simple expression,
quelques heures tout au plus. Car, là encore pas de loi en faveur
des familles esclaves il y a simplement des recommandations de ne pas
séparer les couples (incidence sur la productivité et tendance
à l'évasion pour tenter de rejoindre le conjoint avec effet
déplorable sur les autres!)
Et le déchirement
des membres des nouvelles familles n'est guère pris en compte, selon
la situation pour motifs économiques, comme sanctions, pour disputes
entre les "maîtres", dettes de jeu, caprices quelconque, des enfants
quelques soient leurs âges pouvaient être revendus séparé
de leur famille.
On a en effet
des livres comptables présentant des tractations pour des jeunes arrachés
à leurs familles pour des âges de 2 mois, 4 ans, 5 ans, 7 ans,
et tous les âges intermédiaires jusqu'à plus de quarante
ans.
Les maîtres
s'arrogeaient droit de cuissage sur les esclaves, mariés ou non. Le
viol était généralement une action que devaient subir
les esclaves selon les fantaisies ou "besoins" de leurs propriétaires
aussi longtemps et autant de fois qu'il leur en prenait l'envie.
Certains objecteront
qu'ils n'ont jamais ou très peu violé (car ne correspondant
pas à leurs canons de beauté, car pas assez d'argent pour se
pourvoir d'esclaves des caractéristique souhaitées, car conjoint
jaloux et non permissif etc). J'exclu de la liste comme motif de bon comportement
l'appartenance à un groupe religieux ou le fait d'être moine
ou curé, sachant que grand nombre de ces derniers se sont livrés
comme les autres à des exactions et les exceptions existant
toujours n'exonèrent pas les autres de leurs actes!
Au Pérou,
sur la côte, les esclaves seront beaucoup utilisés dans les
plantations de coton, à Lima dans tous les travaux possibles, dans
les docks du port de Callao, comme laquais, etc.
Si de façon
générale on a tendance à croire qu'il n'y en eut pas
dans les Andes, c'est inexact.
Là encore
les livres contables ou notariés démontrent le contraire. Et
s'il y eut de très nombreux esclaves andins, assignés aux travaux
agricoles, miniers ou domestiques, car supportant de part leur vie habituelle
l'altitude, la nourriture et le climat local, il yeut des centaines d'esclaves
de provenance africaine dans les Andes et même à Cusco.
Certains s'échapperont
Pour tenter
d'en terminer avec cette pratique qui fait honte à l'humanité:
Abolition de l'esclavage au
Pérou,
En 1780, le
métis muletier Gabriel Condorcanqui alias "Tupac Amaru II", rebel à l'autorité blanche espagnole, désirant
s'attirer la sympathie de tous lres opprimés déclare l'Abolition
de l'Esclavage.
Cet acte présenté
par un "hors la loi" n'aura, il fallait s'y attendre, aucun effet légal
et sera lettre morte.
En 1784 le
Vice-Roi Théodore de Croix d'origine
française (il est né près de Lille) fera interdire
l'acte de"Carimbar", pratique systématique à l'achat ou revente
d'un esclave de le marquer au fer rouge sur le visage (front, joues, menton)
pour les hommes et sur l'épaule ou dans le dos pour les femmes) le
ou la brûlant sur cette partie de peau au troisième degré!
Sachant que chaque revente pour quelque motif que ce soit et le plus souvent
pour des raisons économiques, on remarquait la personne vendue des
sigles et marques du nouvel acquéreur!
partielle en
1821 octroyant par édit du Général José de San Martin la liberté aux enfants nés libres après
cette date, qui est aussi celle de la déclaration d'Indépendance
du Pérou face à l'Espagne. Mais si l'indépendance est
acquise, il devra revenir sur sa position en matière d'abolition
face à une opposition farouche des "propriétairees". Ne seront
alors libres que les enfants de "libérés" ou qui ont pu racheter
leur liberté.
l'abolition
sera définitive le 5 décembre 1854 sur édit du président
Ramon Castilla signé à Huancayo.
Mais là
encore pour apaiser la colère des "ex-propriétaires d'esclaves"
le gouvernement de castilla devra consacrer 7.651.500 pesos pour les "indemniser".
(Il est à préciser qu'aucun gouvernement jusqu'à l'heure
actuelle n'a indemnisé d'esclave ou de descendants de ceux-ci pour
les atrocités et dommages subis et dont un nombre insoupçonné
souffre toujours).
Si certains
hommes "à nouveau libres" arriveront à devenir petits indépendants
dans des offices de marchands d'eau, de légumes, d'animaux, des nourrices
ou femmes vendant le lait de leurs seins pour alimenter ceux d'autres au
dépent des siens, d'éliminateurs de chiens errants, etc.
Ils se retrouveront
souvent dans des conditions très proches au service d'Hacendados peu
scrupuleux.
On retrouve
des vestiges de cette époque dans certains endroits de la côte
péruvienne notamment dans l'hacienda San
José à Chincha oú l'on retrouve
encore les geôles à esclaves et les fers qui leurs étaient
destinés. Sachant que dans l'actualité, au sud de Lima les
zones de Chincha, Cañete sont de bonne densité noire, descendants des captifs
africains réduits en esclavage.
Actuellement,
comme par le passé, la population noire est celle qui est socialement
la plus pauvre et occupe les emplois les moins bons.
Et si les
Péruviens parlent volontiers de la culture "Afro-péruvienne" ou
des noirs du Pérou qui leur ont apporté un nouveau lustre "sportif"
dans des disciplines comme le football, le volley ball (chez les dames),
une cuisine succulente "manos morenas", tout un folklore de musiques, de danses, de costumes.
Musique qui
fut la survivance difficile des patrimoines africains dans ce domaine et
de la mixité tout aussi ardue, car part de nombreux aspects interdites
l'une et l'autre.
En effet les
instruments de musique leur étaient interdit. Ils en seront réduits
à frapper sur des caisses, des pieds ou frapper dans les mains. Comme
l'illustre la chanson dansée "el Zancudo" (type de moustique) qui s'est
popularisée sous la forme d'un gardien de champs qui s'inquiète
des rythmes entendus dans les champs et s'en informe en donnant de la voix.
Les travailleurs dans les champs répondant dans le tempo ""Zancudos" Señor, hay muchos zancudos" (des moustiques monsieur, il y a beaucoup de moustiques).
Au début la mixité entre noirs et "indiens" est interdite sous
peine de mutilation voire de mise à mort et de toute façon séparation
du bébé ou des enfants lorsqu'il y en a produit de cette union.
C'est la révolte
qui libèrera hommes, femmes et leurs expressions. Des hommes mis en
esclavage arrivent parfois à s'échapper puis à libérer
d'autres esclavisés et deviennent hors la loi craints sous le nom
de "Cimarrones".
Ils sont tellement nombreux qu'il créent même de véritables
cités de maquis les plus petites sont appelées "guariques", le plus grandes
"palenques".
En certaines
zones, les Espagnols n'osent plus voyager sans bonne escorte et les hacenderos
se barricadent! Certains historiens prétendent même que les murailles
et autres défenses de Lima et autres villes sont érigées
pour se protéger des pirates, flibustiers et autres corsaires, français,
hollandais et anglais, mais aussi pour se protéger des Cimarrones et autres bandoleros (derniers nom donné
aux révoltés "déchainés").
Les troupes
seront envoyées pour écraser les palenques.
Même
lorsqu'ils sont "libres", ils sont réduits à la misère.
Des femmes doivent priver leur propre enfant pour pouvoir vendre un peu
du lait de leurs seins!
Les plus intelligents
lorsqu'ils réussissent devant l'incrédulité des "maîtres
du pays" à gagner de l'argent (mais pas en tenant débit de
boisson sous peine de confiscation du bien et 100 coups de fouet, ni revendeurs
de viande dans les rues, se voient interdit d'accès aux écoles,
ne peuvent porter ni tissus de luxe, ni bijoux de pierres ou métaux
précieux et moins encore d'armes.
Certains droits
prendront encore du temps à leur être octroyés, un apartheid d'habitude est ancré
dans les moeurs.
On s'est habitué
à ce que les africains ne puissent aller
étudier, ne portent pas d'armes( celui
qui enfreignait cette règle en 1653, s'exposait à recevoir
100 coups de fouet et à passer additionnellement 4 ans aux galères),
ne puissent pour les femmes porter ni
bijou, ni tissus de qualité, pas même de laine ( en 1665 la femme qui était prise portant semblables
vêtement se les voyait confisquer t elle même recevait 100 coups
de fouet et était exilée à 50 lieues de Lima.
Peu à
peu cela ira changeant. Quelques exceptions surgiront et donneront des peintres
d'abord anonymes comme ceux qui réalisent les peintures pour les confréries
religieuses noires ou encore celui qui peindra en 1651 la première
peinture aux vertus miraculeuses du Seigneurs des Miracles (Señor
de los Milagros), qui se feront connaître comme José Gil de Castro né
en 1783 et sera appelé peintre des Libérateurs du Pérou
et du Gouvernement ayant réalisé plus de 70 oeuvres et les
portraits de Simon Bolivar, José de San
Martin, (qu'il avait d'ailleurs accompagné
(comme d'autres africains) dans les batailles pour l'indépendance
comme militaire ayant par sa bravoure été distingué
du grade de "capitaine", José de
la Riva Agüero, etc de renom comme San
Martin de Porres.
Le peintre
poète Francisco ou Pancho Fierro les représentera volontiers
dans leurs activités diverses
Mais, partout
l'expression chantée, dansée s'est libérée!
Riche au point
qu'aujourd'hui, tout disquaire digne de ce nom propose une large gamme
de disques de musiques et chansons "Afro-péruviennes".
Que des chanteurs
et chanteuses comme Eva Ayllon, Suzana
Baca (Il lui a été décerné le Grammy awards), Pepe Vasquez sont très connus, d'autres d'origine blanche ont
fait néanmoins leur succès local voire international sur ces
rythmes comme Micky Gonzales ou Julie Freund.
Néanmoins,
il n'existait (à notre connaissance)avant le mandat d'Alberto Fujimori
puis d'Alejandro Toledo pas un seul congresiste ou député
noir au Pérou. Mais depuis, des intérêts politiques font
du "populisme" ethnique et ont intégré les premiers représentant
noirs un ancien leader syndicaliste Monsieur Risco et la soeur d'une femme
courage s'occupant de casseroles populaires et associations de femmes et
d'enfants en zone de bidon ville, qui pour avoir pris des positions courageuses
contre le terrorisme s'est fait assassiner avec une extrème sauvagerie
par les terroristes du groupe Sentier lumineux.
Ceci
dit, il n'existerait pas d'apartheid au Pérou, (si ce n'est économique,
si ce n'est dans un certain nombre de discothèques, clubs privés, de fonctions
dans des partis politiques etc). En effet, les écoles, bus,
zones géographiques sont ouvertes à tous (la restriction
économique est tout de même applicable et MARQUÉE),
ils sont parmi les plus pauvres du pays et restent esclaves d'une époque
tragique dans l'histoire d'une partie de leurs ancêtres, esclaves des
préjugés, esclaves d'une certaine misère, mais riches
de musique, de danses, d'une culture culinaire aussi.
On trouve les plus grandes concentrations afropéruviennes dans les zones de Callao, Cañete et Chincha.
Au Pérou
comme aux Etats-Unis, les postes des noirs seront de soldats (on est enrôlé
avec une promesse plus ou moins sous entendues de "libération" après
les combats. Car ils sont pour la plupart disciplinés: l'esclavage
leur a appris à obéir sans discuter et que le droit de vie
et de mort appartenait à celui qui commande, le gradé ou le
propriétaire), mais on les aime en confinement dans le secteur de la
diversion, car ils excèlent dans la musique, la danse, la cuisine et
les sports. On ne les veut longtemps, ni comme politique, ni comme gendre.
Car les "libérer" est une chose, obtenir une reconnaissance valable
comme citoyen à part entière d'égalité de devoirs,
de droits et d'opportunités en est une autre. Et le droit à
n'être plus chassé sur son territoire ou en Afrique par les chasseurs
d'esclave est non seulement une fable dramatique et grotesque, mais, en plus
ne signifie ni assistance, ni préservation des génocides, ni
garantie à la santé, aux médicaments, à un toit,
à manger décemment, ni à celle de ne pas voir transformer
sa terre en poubelle des pays industrialisés ou en zones de pillages
libres de ses ressources naturelles.
L'économie mondiale
ne s'occupera d'eux que lorsque ses intérêts seront réellement
en jeu. (Elle ferait pourtant bien de s'en préoccuper plus, car
les vastes espaces des pays en voie de développement constitueront
bientôt sa seule possibilité de sécurité alimentaire
dans le futur, car elle ne pourra pas plus aujourd'hui quelle ne pu le faire
dans le passé, ni erradiquer ni stopper avec sécurité
les épidémies (maladie de la vache folle, pestes porcines, buboniques
et autres) des ses troupeaux ou de ses cultures et la famine pourrait alors
frapper aussi à ses portes sans qu'elle aie vers qui se retourner
pour résoudre tout ses problèmes alimentaires ou de santé.)
D'ailleurs,
si aux Etats-Unis , la condition "inhumaine" de l'esclavage divisera
les Etats en deux fractions opposées en la plus sanglante guerre civile,
séparant le Nord du Sud (nord américain), c'est bel et bien
d'abord un aspect économique qui créa le litige et se cachera
derrière le prétexte de l'abolitionnisme.
Si
le Nord était puissant et industrialisé, le sud rivalisait
de puissance par sa main d'oeuvre gratuite ou presque, taillable et corvéable
à merci, sur laquelle les "propriétaires" s'arrogeaient droit
de vie et de mort. Mais, l'appartheit des américains n'est pas que
sudiste, il est même après la guerre de secession général.
Des artistes de renommées mondiales comme Louis Armstrong
ne peuvent entrer dans les grands hôtels par l'entrée principale,
il ne peuvent y loger. Ils doivent impérativement emprunter l'entrée
des artistes et y venir pour jouer, chanter participer au spectacle puis
se retirer. Il y a une séparation marquée entre blancs et noirs.
Les noirs ne peuvent aller dans les écoles où vont les élèves
"blancs", idem pour les transports en commun etc. Il faudra le combat sans
trève de personnages multiples dont: Martin Luther King "I had a dream...", Malcolm X, Cassius Clay devenu Mohamed Ali,
d'artistes de cinéma qui par la force de syndicats impose un "quota"
de présence noire dans les acteurs par films, ou feuilleton, la menace
à la clé est le boycott des films qui n'ont pas un minimum
de mixité, la grève des ouvriers et employé dans les
"studios", les acteurs qui par les rôles interprétés
soulignent les injustices passées ou présentes, les scandales,
ils s'appellent Sydney Poitiers, plus tard Denzel Washington, Samuel Jakson, Morgan Freeman, Hale Berri,
et d'autres leurs combats trouvent échos auprès de plus
en plus de population "blanche" et d'artistes, politiques par esprit de justice,
par appréciation ou par intérêt, militantisme comme Joan Baez et d'autres.
Pour ceux
qui ont du mal à imaginer cette époque, outre les sources historiques
que l'on peut trouver dans les bibliothèques tels que "Les fantômes du Roi Léopold Un holocauste oublié" déjà mentionné,
- pour les BD, nous
vous conseillons la série "Les Passagers
du Vent" de François
Bourgeon,
- pour les cinéphiles des films
comme "Amistad",
"Glory", "Nord et Sud",
"Aguirre", "1492".
La sortie de l'esclavage sera aussi difficile.
- En France, le Général Toussain Louverture (1743 - 1803), qui est à
la base de l'indépendance d'Haiti et en sera le premier gouverneur noir est considéré comme
un traître et un renégat par
le gouvernement français et en premier par Napoléon Bonaparte,
qui le fera inviter en métropole pour le récompenser de sa
bravoure et sa loyauté pour avoir dénoncé des exactions
contre la population noire perpétrée par des officiers français,
les avoir combattus et rétabli l’ordre. Napoléon n’a que faire des noirs ou des métis!
Pire ils ne les conçoit que réduit à l’esclavage et menace
de mort qui ne va pas dans ce sens. Piégé par lui Toussaint
Louverture est arrêté, mollesté et jeté en prison.
Mais, on trouve que ce n’est pas suffisant. Il n’est pas tolérable
qu’un noir puisse faire échec à des officiers blancs, se montrer
meilleur stratège, meilleur tacticien, plus probe, noble et se payer
le luxe de dénoncer leur vilenies.Toussaint Louverture ne cherchait
pas l’indépendance, il souhaite que l’esclavage soit supprimé
et que les noirs français de métropole comme des îles
soient considérés comme citoyens à part entière
et non comme une catégorie de sous-français serviteurs et esclaves.
Comme Toussaint Louverture a de nombreux partisans et notamment officiers
noirs encore toujours à la tête de troupes bien armées
et d’une détermination stupéfiante.
- On craint que la trahison française
ne mette le feu au poudre, alors on délaie et Toussaint Louverture
est emprisonné dans un cachot de la prison de Joux à 1000m
d’altitude en France pour y passer à 61 ans, le pire hiver de son
existence. Le but est sans équivoque de le faire mourir en cette geôle,
sans condamnation officielle d'être exécuté.
- Parmi les partisans de Toussaint Louverture
certains sont toujours libre et tiennent tête aux généraux
français la morgue haute. C’est le cas de Maurepas. Toussaint Louverture prit, il faut démanteler le reste de son Etat Major. Composé notamment de Maurepas, Dessaline, Paul Louverture, Lamartinière etc. Il faut donc, pour affaiblir ce groupe, en piéger d’autres.
- Le sens de l’honneur, de la parole d’officier etc fait de Maurepas une
nouvelle cible de choix. Sur de simples promesses de rencontre entre officiers
pour résoudre entre hommes d’honneurs les problèmes en présence.
L’assurant de l’appréciation de sa valeur, lui promettant en outre
un poste de haut niveau. On lui propose même de se faire accompagner
de sa femme et de ses engfants comme s’il s’agissait d’un diner mondain ou
d’un pique-nique. Il est arrêté comme sa famille. Les fourbes
officiers, qui l’ont piégé, sont excédés. Car
ils sont toujours loin de contrôler la situation générale.
Aussi considèrent-ils que Maurepas doit être subir
un châtiment exemplaire, son expiation doit ôter pour des générations
l’envie à quiconque de sa couleur de tenter de suivre ses traces.
A un certain fils de Charpentier Nord Africain qui s’affirma roi et fils
de Dieu, il fut offert une couronne d’épines qui lui firent saigner
le cuir chevelu. Il fut ensuite flagellé avant d’être mis à
mort. Maurepas qui comme Toussaint Louverture s’était affirmé
comme « officier » sera affublé d’un vieux galurin le
plus ridicule et miteux possible, des galon lui furent cloués sur
les épaules, il fut flagellé et plus encore sa famille noyée
par de bourreaux sous ses yeux.
- Un autre fils d'esclavisé,
né en cette condition lui-même gravira néanmoins par
son courage et sa détermination les échelons de la hiérarchie
militaire jusqu'à devenir Général. Lorsque Napoléon
s'en aperçoit, il conspue les "sang-mêlé" (ce surnom
,est d'ailleurs invariable il désigne le sang de blanc mêlé
à un autre et non l'enrichissement et le symbole de l'amour existant
entre personnes d'ethnies ou races différentes) il lui dénie
médaille, honneur pour sa bravoure ou pension pour son temps de service,
de même qu'à sa veuve lorsqu'il décèdera.La vie de son fils débutera dans les difficultés, mais n'en
deviendra pas moins un auteur célèbre et adulé, même
si cela ne lui épargnera pas les dettes et les problèmes. Il
porte le même nom que son général de père: Alexandre
Dumas. Il s'appelle en réalité Thomas - Alexandre Davy de La Pailleterie Dumas,
il est né en France à Villiers-Cotterets (Aisne) le 5 thermidor
de l'an X (24 juillet 1802), mort à Puys, près de Dieppe (Seine-Maritime),
le 5 décembre 1870, il écrit "les trois mousquetaires", La Reine Margot (1845), Le Comte de Monte-Cristo etc,
- et dont le fils encore appelé Alexandre Dumas écrit notamment "La dame aux camélias".
- · Entre 1940 et 1945,
si des africains furent utilisés comme soldats pour ne pas dire chair
à canon en raison de leur sous équipement et du positionnement
systématique en première ligne ou en des zones de combats désespérés
comme ce fut le cas pour les « tirailleurs sénégalais
» qui se sont battus pour la France en 1940, ont débarqué
en Italie (1943) et en Provence (1944), sans oublier leur présence
dans la résistance aux côtés des maquisards, furent aussi
oubliés de très nombreux noirs de différentes nationalités
dont belge, française, allemande, africaines (Sénégalaise, de Côte d’Ivoire, Congolaise, Camerounaise, de Guinée équatoriale etc), vont se retrouver dans les camps nazis entre autres de Mauthausen, Neuengamme, Ravensbrück, de Dora et de Dachau, Buchenwald,
et devront y travailler jusqu’à l’épuisement et y mourir comme
les autres victimes des camps d’exterminations allemands. (cf « Noirs
dans les camps nazis » de Serge Bilé) ou sur internet http://www.serge-bile.com/noirs_camps_nazis.htm .
- L'assassinat de personnage comme Lumumba n'et pas davantage innocent d'un point de vue européen.
- Au troisième millénaire
une forme plus subtile de mise en condition d’esclavage est fournie par plusieurs
gouvernements par le refus d’une possibilité aisée, juste et
moins encore rapide d’accès à des papiers qui leur permettraient
d’être considérés comme réfugiés politiques,
économiques ou immigrés légaux d’une part et de pouvoir
travailler légalement avec les droits et devoirs sociau d’autre part.
Ce qui les force à accepter des conditions de vie et de travail infra
humaines, aubaine vile mise à profit par des exploiteurs, esclavagistes
et trafiquants de personnes encore actuellement.
Les YANAS
A l'époque
Inca d'aucun prétendent qu'il n'y avait pas d'esclaves. La vision
est peut-être réductrice.
Il faut savoir
que les incas avaient des Yanas, et que le Yanas correspondait très
exactement à la vision d' "ESCLAVE" qu'avait les Romains au
début du millénaire.
Souvent, c'étaient
des prisonniers faits dans les zones conquises.
On y trouvaient
hommes, femmes, enfants ayant vécu avant cela dans toutes les catégories
de rangs sociaux, parfois même des gens fortunés et/ou extrêmement
cultivés.
Leur sort dépendait
souvent de qui faisait leur acquisition et de la destination ou des tâches
qui seraient dévolues au groupe de personnes ainsi désignées.
Lorsqu'ils
devaient servir aux grands travaux collectifs (constructions de routes,
de ponts, de temples et pyramides) ou dans les mine = la condition la plus
horrible de l'esclavage et la plus dure sur le plan physique (hormis ceux
et celles destinés à être sacrifiés aux Dieux
(même si l'on aime à nous faire croire que c'était un
honneur recherché mais nous émettrons tout de même certains
doutes quant au côté systématique de ce volontariat
au sacrifice suprême, même s'il était accompagné
d'un certain cérémonial).
Les esclaves
ou "Yanas" les mieux lotis étaient les personnages lettrés et
instruits qui entraient au service de nobles ou de personnages puissants de
l'empire et leur servaient de secrétaire ou de porte-parole. Dans
ces cas- là, il est vrai qu'ils étaient auréolés
de la puissance de leur "maître" et voyait ainsi leur "rang" monter
parfois bien au-dessus de personnages libres et Incas mais moins puissants
que le maître représenté.
Pour ceux
qui ont du mal à imaginer cette époque, outre les sources historiques
que l'ont peut trouver dans les bibliothèques, il y a deux livres
(roman d'époque) très bien faits de Roberte Manceau : Le bâtard
du Soleil et Les
prisonniers du Soleil, où un des héros
est précisément un Yanas qui arrivera à gagner l'estime
de son vainqueur et "maître" et occupera en son nom de très hautes
fonctions dans l'empire inca dont il est prisonnier.
Bien entendu
les premiers esclaves des conquistadores Espagnols furents les natifs indiens
eux-mêmes et ce depuis Cristobal Colombo,
qu'ils soient des Caraïbes, du Mexique, du Panama, Nicaragua ou du Pérou.
La mortalité
et les rébellions dues aux mauvais traitements furent de nature à
émouvoir l'"Europe" au point que Charles
Quint convoqua un tribunal à Valladollid pour déterminer
si les indiens avaient ou non une âme et si oui s'ils devaient être
considérés comme une sous -race destinée à être
dominée et esclavisée ou seulement évangélisée..
Pour ce faire
deux "avocats" se feront face le "philosophe" Sepulveda qui utilisera des
textes d'Aristote pour soutenir la thèse de l'esclavage de droit
divin et nécessaire et à l'opposé le moine dominicain "Bartholomeo de las casas" qui dénoncera les atrocités aux quelles se
livrent les conquistadores sur les populations en présence, pour
leurs arracher le secret des lieux où se trouve leur or, argents,
pour non obéissance, tentative d'évasion ou simplement par
jeux: viols seul ou en groupe physiques ou utilisant des instruments, supplice
du pal, mutilations (membres tranchés ou arrachés, yeux arrachés,
langues coupée ou arrachées, idem pour nez, oreilles, seins,
pieds et autres parties du corps brûlés, enfants massacrés
devant leurs parents etc, etc, une liste interminables et dont la lecture
descriptive détaillée est insoutenable). Même des représentations
graphiques d'époque, illustrent ces atrocités.
Des vestiges
de prisons comme la terrible prison de pierre d'Apurimac, taillée
par les prisonnier dans la roche et qui leur servira de tombe pour vivants.
Il arrivera
avec d'autres dominicains à faire pencher la balance dans le camp
de la reconnaissance "indienne" et de son humanité.
Mais les Espagnols
et les Portugais on besoin d'une main d'oeuvre abondante et de moindre coût.
Le prélat
"arbitre" en charge d'établir le jugement de la chose, suggérera
alors comme l'avait fait bien longtemps auparavant Bartholomeo de las Casas (même
s'il en fit après, mollement amende) de se pourvoir d'esclaves en
Afrique. Ils ne se
priveront pas une chasse intensive et sans merci est lancée avec le
but de faire des profits colossaux. Pour 80millions d'hommes, de
femmes et d'enfants l'enfer est sur terre et pour la plus grande
majorité, n'en sorte que dans la tombe espérant
que les promesses sur l'au-delà qui leur ont été faites
par prêtres et parents n'est pas une arnaque amère de plus.
Nous en parlons aussi avec une grande
vedette internationale afropéruvienne qui remporta d'ailleurs le Grammy
awards aux Etats-Unis. Elle affirme ne pas avoir de haine, ni de désir
de violence revancharde. Mais elle considère qu'il faut dénoncer
ce qui s'est passé, les crimes contre l'humanité, l'ethnocide,
les viols, les tortures, la traite humaine: l'esclavage.

Les asiatiques au Pérou
A
partir de 1849 on parlera beaucoup des "Chinos" au Pérou. En effet
cette année là, comme le rappelle la jeune docteur en sociologie
Chikako Yamawaki, dans son ouvrage "Estrategias de vida de los inmigrantes
asiaticos en el Peru" (stratégie de vie des immigrants asiatiques
au Pérou), le gouvernement péruvien invite les asiatiques
à venir massivement travailler au Pérou
- comme
"coolies" pour la pose des rails des nouvelles voies ferrées de l'architecte
américain Henry Meiggs,
- la
démolition pour ce faire d'une grande partie des remparts qui protégeaient
la ville, mais limite aussi son expansion,
- le ramassage du guano sur les îles proche de la côte péruvienne,
- dans les champs comme domestiques dans les maisons , etc.
- D'autres travailleront comme "indépendants" ouvrant,
- des lavoirs et
- des
restaurants "chinois" et autres éléments de distributions alimentaires
variés et bon marchés les fameux "chifas".
De façon curieuse au Pérou peu de différences sont faites entre
- Japonais,
- Chinois,
- Coréens etc.
Tous
sont surnommés "Chinos" (chinois). Même l'ex-président
du Pérou (1990>2001) Alberto Fujimori d'origine japonaise était
appelé avec tendresse pour certains ou moqueries dépréciatives
pour d'autres "el Chino" (le chinois).
La
vie des coolies est très dure, ils doivent rembourser le prix du voyages
à des groupes asiatiques souvent de caractère mafieux
comme les célèbres triades. On ne badine pas avec les triades.
Car si elles font mines d'être discrètes, soumises aux conquistadores
et "blancs" d'une façon générale, elles sont impitoyables
pour leurs ressortissants.
Les
"coolies" sont peu appréciés par les autres populations locales
indiennes et noires, car ces nouveaux arrivants travaillent pour un salaire
de misère dans des horaires sans limite, en famille comme de véritables
entreprises casseuses de marché, sans grève, sans réclamations.
Ceux qui veulent, même respectueusement, s'y frotter disparaissent sans laisser
de traces et nul d'ailleurs ne se soucie de les retrouver ou même de
s'interroger sur leur sort. Ce sont des affaires de "chinos", ils le règleront
entre eux. Pas besoin de police, les triades sont là, elles veillent
à la productivité et sont adorées des "patrons". Ils
n'essayent pas de se mélanger que ce soit avec les noirs, les indiens
ou pire encore les blancs. Donc de ce point de vue les péruviens de
pouvoir sont très satisfaits. Leurs contrats de base sont de 8 ans.
- En 1854, malgré l'abolition de l'esclavage, ils continuent d'honnorer
leurs engagements.
- Et en 1874 date à laquelle le gouvernement termine
l'opération destinée surtout à l'emploi des ouvrier
pour les grands travaux d'Etat, on totalise plus de 100.000 immigrants chinois.
- En 1899, les propriétaires terriens font appel à la main d'oeuvre
japonaise. Les conditions sont aussi assez dures, mais officiellement l'esclavage
a été aboli depuis 55 ans déjà..
En avril 2005 les populations de Chine s'insurgent contre la publication au Japon d'ouvrages scolaires ayant l'aval officiel,
réduisant, en leurs pages, les massacres perpétrés par
les Japonais sur la population civile chinoise causant la mort de 150 à
300.000 personnes dans
les années 1930-40, et les Chinois refusent l'entrée potentielle
du japon avec un siège permanent au Conseil de Sécurité
de l'ONU.
En Belgique le 2 juillet 1890, l'acte de Bruxelles,
déterminera la répression du
trafic d'esclaves en conclusion de la conférence
anti-esclavagiste convoquée par le Roi
Léopold II. Celui-ci tente de la sorte
de légitimer son combat contre les razzias des chasseurs d'esclaves
musulmans qui attaquent régulièrement les villages du Congo
pour en réduire les habitants à la condition d'esclaves
et les vendre sur les marchés arabes. Les troupes "belges" du commandant Dannis s'attaqueront
aux troupes des chasseurs d'esclaves et remporteront une victoire décisive.
De cette façon Léopold II protège sa "propriété"
, son grand jardin, sa main d'oeuvre, sa nouvelle entreprise : le "Congo" (puisqu'il s'en est
arrogé la propriété après les expéditions
de découverte et qu'il donnera par voie testamentaire à
la Belgique, pour obtenir des subventions d'Etat,
pour financer le développement de début de cette entreprise.)
Léopold II est un cas probablement unique dans l’histoire de l’humanité,
il possède et gère, le Congo, une propriété privée plus de 76 fois plus grande que le territoire dont il est roi !
Il le cèdera par voie testamentaire à la Belgique, devenant
alors le Congo Belge, contre un prêt conséquent pour financer
les troupes, machineries et autres spécialistes qu’il juge nécessaire
au développement de son entreprise.
Pour mémoire,
même si cela nous semble incroyable, mais des auteurs comme Adam Hochild
dans son livre "Les fantômes du Roi
Léopold. Un holocauste oublié" apparemment remarquablement documentés (avec
une biographies et des références en grand nombre) citent
des chiffres abassourdissant sur un des génocides record dans l'histoire
de l'inhumanité. Un massacre de 8 à 15 millions d'Africains!
Dans
les terres que la France s'est attribuée Outre-mer comme sur l'île
de la Réunion, l'abolition de l'esclavage n'est introduite officiellement
qu'en 1848;
Lors
de la seconde guerre mondiale contre l’Allemagne, la France, la Belgique
et d’autres utiliseront des troupes de conscrits du peuple noir. Ils sont
parfaits, dévoués, rechignent peu à la tâche,
et sont sacrifiables à merci. De la chair à canons et rien
de plus, surtout rien de plus. Leurs actes héroïques ne devront
pas figurer et être le moins visible possible. Les allemands font parmi
les noirs de nombreux prisonniers civils, tant parmis les afro-allemands
que lors des affrontements parmi les Belges, Français ou même
Nord Américains de couleurs. Serge Bilé en fera la description
dans « Noirs dans les Camps nazis ».
En 1998 et
1999, des dizaines de jeunes ont encore été libérés
de l'esclavage ! Attaqués et emmenés de force par des groupes
arabes, chasseurs d'esclaves, ils sont passés quelques années
plus tôt de la liberté à l'enfer de l'esclavage à
des milliers de kilomètres de chez eux.
Confinés sur leurs territoires comme autant de mourroirs
des millions d'Africains et autres anciens colonisés pourrissent de
misère, de maladies, de famine, de manque d'eau potable, par la mise
sur le marché de médicaments totalement hors d'atteinte de
leurs possibilités financières, de guerres commandées
par des intérêts pas toujours visibles et encore moins africains
où l'on viole, torture, mutile, massacre sous l'indifférence
de mondes qui s'émeuvent lorsque sur leur territoire on tient des propos
politiquement "incorrect", des attouchements ou des propositions les condamnant
avec sévérité, mais n'ont cure d'erradiquer, la misère,
la faim, les crimes contre l'humanité et les génocides alors
qu'ils en ont les moyens et qu'ils ne sont peut-être pas toujours sans aucune responsabilité dans ces situations.
Enfin en Europe, Allemagne, Belgique, France, Pays-Bas et
autres
Il existe toujours, la traite des immigrés clandestins, qui
traverseront ces pays et d'autres dans des conditions épouvantables
(pour lesquelles ils auront souvent tout vendu, auront emprunté à
leurs familles, aux amis, aux banques, aux usuriers, pour pouvoir payer
les véritables fortunes qui leur seront exigées) et se retrouveront
dans des ateliers clandestins dans la confection, la construction et/ou
dans des circuits de prostitution. L'esclavage et l'abjection ne sont
pas erradiqués au troisième millénaire !
S'il fallait aujourd'hui que les nations esclavagistes et
qui ont pillés les ressources humaines (et/ou provoqués des
génocides) et autres (or, argent, cuivre, diamants, émeraudes,
rubis, coltan, phosphates, caoutchouc, bois et forêts, plantes médicinales,
épices, pétrole, gaz et produits dérivés etc)
d'Afrique ou des Amériques remboursent et indemnisent les populations
spolliées, utilisées comme poubelles planétaires sur
les plans pharmaceutiques, chimiques et autres.
La carte économique du monde seraient irrémédiablement
renversée, l'Europe et les Etats-Unis se retrouveraient plus pauvres
que le plus pauvre pays actuel de la planète et endettés jusqu'à
la fin des temps.
Quelques
puissances se disputent le monde. Une guerre froide où tous les coups sont
permis mais où surtout ce sont les pays, populations et richesses convoitées
qui font les frais de leurs appétits.L’Afrique, elle est déchirée, mise en
lambeaux par l’Allemagne, le Portugal, l’Italie, les Britaniques, les Pays-Bas,
la Belgique, les Russes, les Etats-Unis, le Liban, etc.A un gouvernement
d’une orientation politique ou de certains appuis, correspondra presque systématiquement
une opposition soutenue financièrement, militairement ou par des coups tordus
par la fraction opposée. Etats-Unis / Unions Soviétique – Russie. Puis par
les services secrets pour la justification même de leurs existences CIA,
NSA, KGB, FSB, lors de la guerre froide puis la création de nouveaux fronts
:
- la drogue d’abord, puis des gouvernements taxés de « bandits » comme la
Libye, par les administrations des plus puissances économiques et militaires
depuis un 11septembre (qui n’a pas révélé encore tous ses secrets) parallèlement
mais sur une plus grande échelle
- le terrorisme international et les axes
qualifiés du « mal » par l’administration,
- la menace nucléaire (parfois fantôme)
de pays tels que l’Irak, l’Iran, la Corée du Nord, etc.·
Des nations esclaves
aujourd'hui et une montée ségrégationiste sur un vaste espace planétaire.
- Montée des partis facistes et autres xénophobes,
- champs libre à
des situations d’insécurité pour inciter les populations riches à opter pour
des positions de rejets et de demande de radicalisation des protectionismes
internes et de la fermeture de frontières en « blocs ».
- Difficultés
économiques de populations locales qui accusent les populations immigrées
d'en être la cause.
Esclaviser par un
programme en 5 phases au moins.
- Pillage des ressources naturelles, or, diamants, uranium, cuivre, coltan, bois, etc.
- Alimentation des divisions internes,
promotion larvées, des dissentions, voire de guerres civiles et confrontations
entre pays voisins, inter-ethniques et autres. Trafics d'armes parralèles
pour alimenter les effets dévastateurs de ces conflits.
- "Aide" financière exclusivement sous forme de prêts
pour accentuer le poids de leurs dettes les fragilités et les dépendances
qui en découlent.
- Refus de règles commerciales équitatives entre pays riches et pays pauvres et dans les deux sens. Car
de nombreux pays n'ont pas tant besoin d'aide financière qui les « esclaviseront
» (néologisme oui, mais clair, non?), les écraseront chaque fois plus sur
le poids d'une dette dont les modalités de remboursements, les intérêts,
les engagements impliquant leurs politiques internationales et surtout intérieures
(et des annexes de privilèges, mains mises des préteurs), que de l'application
simple du respect de règles commerciales identiques pour tous. Comment peuvent
rivaliser des producteurs africains ou Sud-américains, devant des produit
subventionner à coups de milliards de dollars américains ou d’Euro quant
eux-même ne peuvent appliquer la plus petite protection de leur économie
face à l’arrivée de ces produits subventionnés largement.
- Maintient de maladies
notamment comme poubelles des médicaments et autres produits interdits
ailleurs pour des populations qui elles n’ont pas le choix et par le maintient
de coûts asphyxiants pour les populations qui en dépendent pour
survivre. Ce qui est le cas pour les trithérapies contre le sida qui
dépeuple massivement l'Afrique. Tout en équilibrant un nombre
de survivants dans une proportion déterminée par ceux qui considère
avoir le droit de déterminer qui en dehors de leurs propres familles
et populations peuvent continuer de vivre ou non et avoir accès a
une stabilité économique ou pas.
- L’aide alimentaire
surabondante en produits
particulierement choisis, cette Aide alimentaire internationale et surtout Nord américaine, est devenue un gigantesque « business
» qui, tout en se donnant une superbe image de bienfaiteurs, détruit massivement
les capacités des populations touchées par la fin, la marginalisation, les
catastrophes naturelles, l’acculturation en détruisant aussi leurs productions
et leurs entreprises et productions en distribuant dans des quantités invraisemblables
des produits alimentaires gratuitement là où une infrastructure locale survit
avec peine. Car si elle intervient dans les moments de réels besoins (souvent
alors tardivement) elle la poursuit avec obstination lorsqu’elle n’est plus
nécessaire, voire nuisible. Car nul ne peut évidemment concurrencer le GRATUIT
et surtout pas les productions locales. Alors face à cette concurrence déloyale
des SURPLUS de production (pas d’inquiétude il n’y a ici aucun sacrifice,
mais bien un négoce juteux !), ces entreprises locales font faillite et la
dépendance alimentaire et économique devient TOTALE ! Une autre façon moderne
de rendre des peuples dépendant, esclaves d’autres plus nantis.
Il
faut savoir que la déportation pour esclavage a marqué entre
40 et 80 millions d'Africains, l'entreprise du roi Léopold II 8 à
15 millions de morts, le génocide au Rwanda 1 millions de morts en
cent jours, le sida des millions de morts, sans compter des crises comme
celle d'Ebola, le Darfour, les combats indépendantistes, les soldats
africains décédés dans des guerres qui ne les concernaient
pas comme les deux premières guerres mondiales, etc. Sans risque de
la plus petite exagération nous pouvons estimer à plus de 100
millions les Africains déportés et/ou décédés
pour une des raisons mentionnées.
A
l'heure ou des descendants de victimes de ce crime contre l'humanité qu'est
l'esclavage commencent à parler de réparation, des ouvrages apparaissent
des émissions de télévision se diffuse. En 2005 même des émissions comme
Bibliothèque Médicis de par Jean-Pierre
Elkabbach, avec le concours de Monique Canto-Sperber, directrice de recherches
au CNRS et professeur à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences sociales disserte
du thème affirmant mettre plus en lumière les éléments permettant de réévaluer
ce qu'était l'esclavage, qui en étaient les acteurs, quelles en étaient
les motivations, quelles en étaient les conséquences économiques, humaines,
sociales, comerciales etc.
Mais, cette volonté d'objectivité est peut-être
plus "Médicis" qu'objective, puisque dans l'émission ne
seront présent AUCUN africain, aucun noir, pas d'asiatique dont on mentionnera
aussi la mise en esclavage, pas de représentation musulmane ou d'Afrique du
Nord accusés par quelques auteurs invités (dont on fait au passage la promotion
des ouvrages sur le thème) d'être à la base de cet esclavage et
comme des noirs eux-mêmes d'êtres ceux qui capturent, sélectionnent
et offrent sur le marché les esclaves. Monique
Canto-Sperber laisse même entendre que l'esclavage ne fut en fin de compte
pas rentable (faut-il sous entendre "donc pas lieu d'indemniser qui que ce
soit?"), le seul dans cette émission à avoir adopté une position physique
et morale droite fut le remarquable Jean Erhard qui refusa de noyer le poisson.
La conclusion (qui ne fut pas de lui) "Il est clair qu'il faut balayer devant
sa porte mais pour autant que "les autres" en fasse autant" pourtant participa
à le faire. Conscient ou non ce genre d'affirmation, certes pas fausse,
participe à la banalisation, la déresponsabilisation. Equivaut
à dire "tout peuple, tout être exploité, humilié,
brimé, martirisé, mis en esclavage, massacré même
est, au moins en partie, responsable de son sort, au même titre que ses
voisins et pas beaucoup plus que les tortionnaires, négriers ou esclavagistes,
les Etats bandits (même si c'est pour une durée limitée
dans le temps), les génocidaires. ". Faut-il comprendre "Vae victis"? Reste-t-il un vomitorium?
|
Des nations esclaves aujourd'hui.
Enfin de nombreux pays n'ont pas tant besoin d'aide financière qui
les "esclaviseront" (néologisme oui, mais clair, non?), les écraseront
chaque fois plus sur le poids d'une dette dont les modalités de remboursements,
les intérêts, les engagements impliquants leurs politiques internationales
et surtout interieures (et des annexes de privilèges, mains mises
des préteurs), que de l'application simple du respect de règles
commerciales identiques pour tous. Que les Multinationales et grandes
industries privées, d'Etat ou mixtes soient toujours contraintes REELLEMENT
de respecter l'environnement dans leurs pays ou dans n'importe quel pays
de la planète, de respecter les règles du jeu, les plus petits
et les économies et populations.
Que les hommes politiques soient toujours tenus de respecter les plus grands
nombres et les plus défavorisés, ne se laissent acheter ni
personnellement ni à travers leurs partis, ni à travers les
lobbys de ceux qui finances leurs campagnes ou leurs carrières. S'ils
étaient tenus de respecter en premier toutes les lois qu'ils édictent,
ne pouvaient plus bénéficier d'immunité, étaient
responsabilisés solidairement des actions qu'ils entament, des
frais, investissements qu'ils engagent au nom des populations, d'une commune,
d'une province, d'un pays ou d'un ensemble de nations.
Le travail des enfants
Si encore actuellement les travaux lourds ou astreignants sont un calvaire
pour nombre d'enfants qui ne connaîtront pas l'enfance de jeux, de
jouets et d'insouciance apparente de nombreux enfants des pays riches. Il
n'en est pas moins vrai que l'argent même maigre récolté
par le travail de ces enfants est souvent le seul gage pour eux-mêmes
et leurs familles de SURVIE!
S'il est important pour ces enfants de se développer dans les meilleures
conditions possibles. Rappelons nous que ces meilleures conditions doivent
impérativement avoir pour base l'assurance:
- d'une nourriture équilibrée en suffisance
- d'un toit
- et
bien entendu d'une famille qui s'en sort ou à qui ont a donné
les moyens et des conditions équitables de s'en sortir
- Pour
leur donner une égalité de chance dans la vie comparée
à celles de ceux qui vivent autrement "le partage" des ressources.
Enfin
on parle d'un devoir de mémoire, de vérité, de réconciliation
et de pardon. Autrement dit, maintenant oui on pourrait lever une partie
du voile car les hommes et nations impliqués seraient assurés
d'avance de l'impunité!
Mais, ne dit-on pas que les crimes contre l'humanité, les génocides
sont imprescriptibles? Pourquoi devraient-ils l'être dans ce cas de
figure?
Parce qu'il y a encore des Etats suffisamment puissant pour se faire juges
et parties? Est-ce juste? Ne faut-il pas de toute façon qu'il y ait
REPARATION ?
Pour
ceux qui ont du mal à imaginer cette époque, outre les sources
historiques que l'on peut trouver dans les bibliothèques tels que
·
- "Les fantômes du Roi Léopold Un holocauste oublié", de Adan Hochschild·
- «
La férocité blanche des non-blancs aux non-aryens, génocides
occultés de 1492 à nos jours » de Rosa Amélia
Plumelle-Uribe, ·
- «
Noirs dans les camps nazis » de Serge Bilén déjà
mentionnés, ·
- « Los mecanismos del comercio negrero » de German Peralta Rivera·
- “Breve historia de los Negros del Peru” de Jose Antonio del Busto Duthurburu·
- “El Negro en el Cusco” de Jean-Pierre Tardieu·
- “Estrategias de vida de los inmigrantes asiaticos en el Peru” de Chikako Yamawaki
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